Qu’est-ce que la Respiration Holotropique ?

La respiration holotropique est une technique développée par le psychiatre tchèque Stanislav Grof qui associe la respiration rapide et la musique rythmée pour modifier l’état de conscience et faire émerger des images enfouies dans notre inconscient. Elle est utilisée comme outil thérapeutique et de développement personnel, mais sa pratique est encore limitée en Europe en raison de son opposition aux approches conventionnelles en psychiatrie et psychanalyse, ainsi que de la formation exigeante qu’elle requiert.

La phase de l’hyperventilation

La respiration holotropique se pratique en groupe. En cabinet, en individuel, le thérapeute transpersonnel proposera un autre type de travail de Respiration, plus adapté au contexte.

Lors de la pratique de Respiration Holotropique, on constitue des binômes : le « respirant », qui est allongé sur un matelas, et l’« accompagnateur » qui reste assis à ses côtés pendant toute la séance permettant au respirant de se sentir en confiance et accueilli. Et ensuite, le binôme inverse les rôles.

Une séance peut durer de une à… quatre heures, selon la résistance de chacun ! Elle débute par un temps de relaxation pour se détendre. Puis la connexion au souffle est installée et la phase de musique rythmée va pouvoir être installée. Sur une journée, la séquence musicale est organisée en série de 2h30, soit 3h d’expérience avec la partie inductive.

La technique consiste alors à respirer profondément. Lentement d’abord, pendant quelques minutes, ensuite en accélérant peu à peu jusqu’à un rythme rapide, comme lors d’un accouchement. Cette phase d’hyperventilation peut durer de une à dix minutes. Enfin, on relâche, on se laisse aller et le processus se déroule tout seul. C’est le début du « voyage ». Il est recommandé de ne pas reproduire ce processus seul chez soi.

L’hyperventilation modifie la composition du sang. L’apport d’air augmente la concentration en oxygène et diminue le gaz carbonique. Le sang devient plus « acide », provoquant ainsi des modifications dans l’état conscient actuel. Notre psyché peut alors révéler certains trésors cachés que nous avons enfouis au fonds de nous-mêmes depuis longtemps.
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Une infinité d’expériences

Pendant une séance de respiration holotropique, chaque personne vit des expériences uniques. Selon Stanislav Grof, ce mode de conscience permet d’explorer tous les aspects de notre existence : notre histoire biologique, psychologique, sociale et culturelle, ainsi que toutes les réalités du monde matériel et niveaux mystiques décrits dans les traditions spirituelles.

Les réactions varient d’une personne à l’autre en fonction de ses problèmes. Certaines peuvent avoir des visions claires tandis que d’autres ressentent surtout des sensations physiques. Par exemple, Béatrice se sentait anxieuse et mal dans sa peau, fuyant les responsabilités au travail et repoussant les hommes. Lors de sa première séance de respiration holotropique, elle a d’abord vu des couleurs douces et s’est sentie protégée avant d’être submergée par la colère face aux rythmes répétitifs de la musique. Elle a finalement exprimé cette colère violemment et a pris conscience de sa force ce jour-là.

La respiration holotropique offre donc une exploration profonde et individuelle qui peut permettre aux participants de faire face à leurs émotions refoulées ou à leurs blocages intérieurs.

Le rôle de la naissance

Un thérapeute transpersonnel accompagne le processus d’intégration de l’expérience lors du suivi thérapeutique. Cet accompagnement repose sur la théorie des matrices périnatales fondamentales (MPF) développée par Stanislav Grof, qui postule que l’enfant vit, à la naissance, quatre étapes d’expériences physiques et émotionnelles ayant un impact profond sur sa psyché. La respiration holotropique permet de revivre ces moments et d’explorer les origines des problèmes.

Voici, en résumé, ces quatre étapes :

MFP I. Alors que l’enfant est encore dans le ventre de sa mère, il est fusionnel avec elle. Cet état idéal peut être perturbé par différents traumatismes (stress de la mère, compression physique, manque de nourriture, etc.). Les personnes ayant vécu des difficultés pendant cette période peuvent avoir des comportements autodestructeurs et rencontrer des problèmes relationnels importants.

PF II. Les contractions violentes qui coupent la circulation sanguine et compriment la tête du bébé transforment un environnement sécurisant en cauchemar ! Les personnes marquées par cette phase chercheront à retrouver l’état de fusion pour revivre celui du ventre maternel.

MFP III. C’est le moment où l’enfant progresse dans le canal de sortie. Il subit d’importantes compressions. Si cette phase prédomine chez une personne, elle pourrait rechercher des expériences intenses pour se sentir bien.

MFP IV. C’est l’étape où le nouveau-né devient un individu à part entière. Si l’enfant est accueilli avec amour et que les étapes précédentes se sont bien déroulées, cela ne posera aucun problème. En revanche, cela pourrait entraîner des problèmes pathologiques si les parents rejettent leur enfant.

Grof : le père du transpersonnel

Dans les années 60, Abraham Maslow et un groupe de professionnels ont fondé la psychologie humaniste pour reconnaître les états modifiés de conscience comme des phénomènes normaux. Stanislav Grof, un psychiatre tchèque, s’est joint à eux et a développé la psychologie transpersonnelle en intégrant tous les phénomènes de l’esprit et expériences humaines.

En 1975, Grof a cherché un moyen naturel de provoquer des états modifiés de conscience et a découvert que toutes les cultures utilisaient des techniques de respiration pour produire ces changements profonds. Il a ainsi mis au point sa méthode en associant travail sur le souffle, musique et techniques de libération énergétique.

La dimension spirituelle ne rejette aucune école dans le transpersonnel. Selon « Manuel de psychothérapie transpersonnelle » par Bernadette Blin et Brigitte Chavas, le thérapeute transpersonnel porte l’intention d’accueillir tout en se déshabillant de tout ce qui l’a rétréci pour pouvoir habiter ce qui lui permet d’aimer.